{"id":41,"date":"2025-02-02T14:10:05","date_gmt":"2025-02-02T13:10:05","guid":{"rendered":"https:\/\/cinematurc.com\/site\/?p=41"},"modified":"2025-02-02T14:13:07","modified_gmt":"2025-02-02T13:13:07","slug":"les-documentaires-de-turquie-en-2024-les-enfants-sans-photo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cinematurc.com\/site\/?p=41","title":{"rendered":"Les documentaires de Turquie: Les enfants sans photo"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"\"><strong>Nous revenons sur 2024 au travers des documentaires locaux, une ann\u00e9e o\u00f9 de nombreux films ont vu le jour en Turquie gr\u00e2ce au travail de r\u00e9alisateurs d\u00e9munis de tout soutien et ne b\u00e9n\u00e9ficiant que de leurs propres moyens limit\u00e9s. Nous mettons en lumi\u00e8re certains des documentaires qui ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9 le public au cours de l\u2019ann\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><br>\u00ab Une photo a prouv\u00e9 l\u2019existence d\u2019une personne \u00bb, d\u00e9clare Abd\u00fclaziz Alt\u0131nkaynak, le p\u00e8re de Davut, en d\u00e9signant un petit portrait parmi les photographies des disparus expos\u00e9es sur le mur devant lui. Davut Alt\u0131nkaynak a disparu en d\u00e9tention en 1995 dans le district de Darge\u00e7it, \u00e0 Mardin. Il avait alors 13 ans. Il faisait partie de ces enfants dont on ne prenait jamais la photo, ou seulement tr\u00e8s rarement pour des documents officiels. Le seul instant o\u00f9 Davut a \u00e9t\u00e9 photographi\u00e9 se trouve dans une photo de famille que l\u2019un de ses proches avait retrouv\u00e9e ; agrandie, elle montre Davut \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 11 ans. Cela signifie qu\u2019il n\u2019avait m\u00eame jamais \u00e9t\u00e9 pris en photo pour une carte d\u2019identit\u00e9. Son image, prise par hasard sur un clich\u00e9 de famille, est devenue la seule preuve de la courte existence qu\u2019il a men\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il soit assassin\u00e9 \u2013 selon les mots de son p\u00e8re, qui a lui-m\u00eame r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les os de son fils du fond d\u2019un puits aveugle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le documentaire <strong>Darge\u00e7it<\/strong>, qui traite du proc\u00e8s intent\u00e9 contre les membres du J\u0130TEM responsables de la disparition de sept personnes, dont Davut, fait exactement ce que fait cette photo : il enregistre l\u2019histoire de ces disparitions et relate la lutte pour la justice men\u00e9e par les proches des victimes, afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019elles ne sombrent dans l\u2019oubli au milieu de l\u2019actualit\u00e9 pesante du pays. Il tente de dresser une barri\u00e8re contre le risque de voir se dissoudre un crime contre l\u2019humanit\u00e9. R\u00e9alis\u00e9 par Berke Ba\u015f pour le compte du Haf\u0131za Merkezi (Centre de la v\u00e9rit\u00e9, de la justice et de la m\u00e9moire) et produit par Enis K\u00f6stepen, le film suit l\u2019\u00e9volution de la situation depuis 2014, date \u00e0 laquelle, sous la pression persistante d\u2019organisations de d\u00e9fense des droits humains, on a retrouv\u00e9 les os de cinq des disparus et ouvert un proc\u00e8s. Alors qu\u2019une poign\u00e9e de personnes r\u00e9clament justice pour leurs proches disparus, on d\u00e9couvre les \u00ab briques \u00bb sur lesquelles repose l\u2019\u00c9tat (allusion aux propos de Mehmet A\u011far \u00e0 l\u2019\u00e9pouse d\u2019U\u011fur Mumcu apr\u00e8s l\u2019assassinat de ce dernier), cette culture de l\u2019impunit\u00e9 que l\u2019on b\u00e2tit sur ces briques, et la mani\u00e8re dont sont syst\u00e9matiquement \u00e9cart\u00e9es les preuves qui incriminent les responsables du massacre, en d\u00e9pit de multiples t\u00e9moignages \u00e0 leur encontre. \u00c0 travers ce cas embl\u00e9matique, le film \u00e9claire une page des disparitions forc\u00e9es de la \u00ab sale guerre \u00bb men\u00e9e dans la Turquie des ann\u00e9es 1990. Bien s\u00fbr, ce r\u00e9cit n\u2019est pas seulement celui des sombres actions de l\u2019\u00c9tat profond, c\u2019est aussi un morceau d\u2019histoire de la lutte du peuple kurde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Apr\u00e8s le visionnage, deux choses restent en m\u00e9moire : l\u2019expression de Davut, qui tente vaguement de sourire sur la photo, et la r\u00e9action d\u2019une proche d\u2019un disparu, lorsque le tribunal prononce l\u2019acquittement des accus\u00e9s au motif qu\u2019il n\u2019existerait    \u00ab aucune preuve concr\u00e8te, certaine et convaincante \u00bb. Dans un souffle en kurde, elle dit : \u00ab Nous avons vu de nos propres yeux la distance qui nous s\u00e9pare d\u2019eux. \u00bb En une phrase, <strong>Darge\u00e7it<\/strong> fait s\u2019abattre sur la poitrine du spectateur l\u2019ombre \u00e9touffante d\u2019une obscurit\u00e9 dense, tout en mettant en sc\u00e8ne des \u00eatres lumineux qui cherchent \u00e0 dissiper ces t\u00e9n\u00e8bres. (Notons qu\u2019apr\u00e8s l\u2019ach\u00e8vement du film, la Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 ce verdict comme \u00ab justifi\u00e9 \u00bb et que l\u2019affaire sera prescrite en 2025.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Au milieu de la \u00ab jungle \u00bb documentaire, et plus particuli\u00e8rement de celle produite en Turquie, tomber sur un film qui apporte un peu d\u2019espoir tient du mirage dans le d\u00e9sert. Avec son nouveau documentaire <strong>Bazen Hep Birlikte<\/strong> (<em>Parfois tous ensemble<\/em>), Didem Pek\u00fcn r\u00e9ussit \u00e0 offrir l\u2019une de ces rares \u0153uvres qui nous r\u00e9concilient avec notre humanit\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019histoire fluide et m\u00e9lodieuse qu\u2019il raconte. Le film suit l\u2019artiste de danse contemporaine Mihran Tomasyan et la \u00c7\u0131plak Ayaklar Kumpanyas\u0131 (la Compagnie aux pieds nus) qu\u2019il a fond\u00e9e. Pourtant, en d\u00e9pit de son apparente l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, le chemin du film croise in\u00e9vitablement les sombres gouffres de l\u2019histoire du pays. Mihran appartient \u00e0 une famille stambouliote dont les racines remontent \u00e0 deux si\u00e8cles, mais il a grandi dans une communaut\u00e9 dispers\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements de 1915, l\u2019imp\u00f4t sur la fortune, les pogroms du 6-7 septembre\u2026 Il se r\u00e9implante n\u00e9anmoins dans cette ville en tant que danseur. Dans son spectacle \u00ab Aile A\u011fac\u0131 \u00bb (<em>L\u2019Arbre g\u00e9n\u00e9alogique<\/em>), il \u00e9voque une page de l\u2019histoire de sa famille \u00e0 travers l\u2019histoire de Mardik, un enfant arm\u00e9nien disparu en 1915 parmi des milliers d\u2019autres. Comme Davut \u00e0 Darge\u00e7it, Mardik n\u2019a pas laiss\u00e9 de photo derri\u00e8re lui ; lors de son spectacle, Mihran utilise alors la photo d\u2019un autre enfant de la famille pour le repr\u00e9senter.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media.altyazi.net\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/bazen-hep-birlikte.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"\">Dans mon esprit, l\u2019histoire de Mardik rejoint celle de Davut \u00e0 Darge\u00e7it. Deux enfants ensevelis sous les m\u00eames \u00ab briques \u00bb d\u2019une m\u00eame construction, deux films porteurs d\u2019\u00e9motions radicalement diff\u00e9rentes, reli\u00e9s par un fil t\u00e9nu. Le choc provoqu\u00e9 au sein de sa famille par l\u2019assassinat de Hrant Dink, les images d\u2019archives personnelles de Mihran, les \u00e9motions et les t\u00e9moignages de sa \u00ab yaya \u00bb (sa grand-m\u00e8re) rendent ce lien encore plus palpable. Mis \u00e0 part ces \u00e9l\u00e9ments, <strong>Bazen Hep Birlikte<\/strong> reste avant tout une ode \u00e0 la danse, au corps, \u00e0 l\u2019appartenance, \u00e0 la cr\u00e9ation et bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019identit\u00e9 stambouliote. \u00c0 travers le regard du pr\u00e9sent, le film jette un pont vers le pass\u00e9 et l\u2019avenir. Son personnage principal, sa chor\u00e9graphie, ses sc\u00e8nes de performance, sa musique et son rythme audiovisuel en font une \u0153uvre particuli\u00e8rement saisissante.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media.altyazi.net\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/sweethomeadana-1024x576.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"\">En \u00e9voquant les r\u00e9cits familiaux qui plongent leurs racines dans l\u2019ab\u00eeme de 1915, soulignons un autre court m\u00e9trage documentaire marquant de l\u2019ann\u00e9e : <strong>Sweet Home Adana<\/strong>, de Nagehan Uskan. Alors qu\u2019elle part en qu\u00eate d\u2019une branche totalement effac\u00e9e de ses origines, la r\u00e9alisatrice nous entra\u00eene dans un voyage \u00e0 la fois individuel et collectif, sur les chemins du d\u00e9ni et de la m\u00e9moire. Ce parcours, qui traverse le temps et l\u2019espace, est r\u00e9guli\u00e8rement ponctu\u00e9 par les coups de pioche des chasseurs de tr\u00e9sor. Au bout de la route, nous attend l\u2019apparition de la maison r\u00eav\u00e9e d\u2019une femme, elle aussi \u00ab jamais photographi\u00e9e \u00bb et absente de toutes les archives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Autre film qui explore les pages manquantes des albums de famille : <strong>Zarafet ve \u015eiddet Aras\u0131nda<\/strong> (<em>Entre gr\u00e2ce et violence<\/em>), un court m\u00e9trage d\u2019animation documentaire r\u00e9alis\u00e9 par \u015eirin Bahar Demirel. Sur le th\u00e8me des liens familiaux, il s\u2019impose comme l\u2019un des films les plus po\u00e9tiques de l\u2019ann\u00e9e. Contrairement aux \u0153uvres cit\u00e9es plus haut, on y d\u00e9couvre une femme dont on a pris de nombreuses photos. Cependant, la r\u00e9alisatrice s\u2019int\u00e9resse non pas tant \u00e0 ce qu\u2019elles montrent qu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles cachent, et tente de gratter la surface de ces clich\u00e9s au charme \u00ab \u00e9l\u00e9gant \u00bb pour r\u00e9v\u00e9ler l\u2019histoire traumatique qui se trouve en dessous. <strong>Zarafet ve \u015eiddet Aras\u0131nda<\/strong> est un petit bijou qui associe un propos percutant \u00e0 une narration visuelle inventive, \u00e9largissant ainsi les fronti\u00e8res du langage documentaire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media.altyazi.net\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/zarafet-ve-siddet-arasinda-2.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"\">Au sein de la production documentaire foisonnante de 2024, je ne voudrais pas omettre <strong>Hatay : 5-15 \u015eubat 2024<\/strong>, troisi\u00e8me volet de la s\u00e9rie d\u2019\u0130mre Azem, qui suit avec d\u00e9termination la situation \u00e0 Antakya et dans ses environs apr\u00e8s le s\u00e9isme. Alors que le tremblement de terre dispara\u00eet progressivement de l\u2019actualit\u00e9, et que certains d\u2019entre nous l\u2019ont peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 compl\u00e8tement oubli\u00e9, le film vient comm\u00e9morer sa premi\u00e8re ann\u00e9e, rappeler la lutte pour survivre des sinistr\u00e9s, les violations de droits commises depuis un an et la r\u00e9sistance acharn\u00e9e des habitants d\u2019Antakya. \u00c0 un moment du film, Ali U\u011fur, chef de l\u2019Orchestre symphonique de l\u2019Acad\u00e9mie de Hatay, lance cette phrase : \u00ab Si les promesses qui nous ont \u00e9t\u00e9 faites juste apr\u00e8s le s\u00e9isme avaient \u00e9t\u00e9 tenues, nous donnerions aujourd\u2019hui un concert tous les jours. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Encore une fois, on constate la v\u00e9racit\u00e9 du dicton \u00ab Haf\u0131za-i be\u015fer nisyan ile mal\u00fcld\u00fcr \u00bb (<em>La m\u00e9moire humaine est d\u00e9faillante en raison de l\u2019oubli<\/em>). Cette fois, cet oubli s\u2019accompagne malheureusement de la r\u00e9signation face \u00e0 la destruction totale de la culture, de la d\u00e9mographie et de la m\u00e9moire collective d\u2019une ville enti\u00e8re. Pour cette raison, tout effort visant \u00e0 emp\u00eacher l\u2019oubli du s\u00e9isme m\u00e9rite un profond respect et un soutien particulier. \u00c0 cet \u00e9gard, la s\u00e9rie d\u2019Azem apporte non seulement une contribution pr\u00e9cieuse, mais insuffle \u00e9galement la force de r\u00e9sister \u00e0 ceux qui, victimes du d\u00e9sastre et isol\u00e9s, se sentent abandonn\u00e9s \u00e0 leur sort.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media.altyazi.net\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/imre-azem-hatay3-1024x516-1.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"\">Voil\u00e0 donc un petit bouquet de fin d\u2019ann\u00e9e, compos\u00e9 de documentaires qui ont, d\u2019une certaine mani\u00e8re, rendu l\u2019ann\u00e9e 2024 pr\u00e9cieuse aux yeux des cin\u00e9philes passionn\u00e9s de ce genre, en d\u00e9pit de tout ce qui s\u2019est mal pass\u00e9. En esp\u00e9rant que 2025 sera plus prolifique en films de ce type\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em><strong>Note de l\u2019auteur :<\/strong> Comme le veut la tradition, je ne propose pas ici un panorama exhaustif de la production documentaire de 2024. J\u2019ai choisi de consacrer cet article de fin d\u2019ann\u00e9e \u00e0 cinq films qui m\u2019ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9. L\u2019an pass\u00e9, de nombreux autres documentaires, tourn\u00e9s en Turquie avec des moyens extr\u00eamement limit\u00e9s et sans aucune aide, ont attir\u00e9 mon attention pour diverses raisons. L\u2019ann\u00e9e 2024 a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des festivals qui traitent les documentaires et les courts m\u00e9trages comme de simples \u00ab accessoire \u00bb et qui tentent de camoufler leurs pratiques de censure sous des tapis rouges, par des comit\u00e9s de s\u00e9lection qui se vantent d\u2019une telle mentalit\u00e9, par l\u2019autocensure se banalisant de plus en plus, et par des autorit\u00e9s mobilisant des bataillons entiers de police pour interdire la projection d\u2019un seul documentaire. Mais pour dire vrai, on se lasse de d\u00e9noncer chaque ann\u00e9e les m\u00eames probl\u00e8mes. C\u2019est pourquoi ce bref texte, qui ne se veut pas exhaustif, se concentre sur une poign\u00e9e de films qui nous donnent la force de pers\u00e9v\u00e9rer dans une vie de plus en plus difficile et de continuer \u00e0 faire et \u00e0 partager des documentaires.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><br><strong><em>R\u00e9dig\u00e9 par Necati S\u00f6nmez, le 31 d\u00e9cembre 2024 pour Altyaz\u0131. Pour consulter la version originale : <\/em><\/strong><a href=\"https:\/\/altyazi.net\/yazilar\/2024te-turkiye-belgeselleri\/\"><em>https:\/\/altyazi.net\/yazilar\/2024te-turkiye-belgeselleri\/<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous revenons sur 2024 au travers des documentaires locaux, une ann\u00e9e o\u00f9 de nombreux films ont vu le jour en Turquie gr\u00e2ce au travail de r\u00e9alisateurs d\u00e9munis de tout soutien et ne b\u00e9n\u00e9ficiant que de leurs propres moyens limit\u00e9s. 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